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Les institutions de l’Union européenne :

Publié le par Mariana-Hélène Firdion

L’Union européenne s’est édifiée suivant un modèle original et unique dans l’Histoire, au centre duquel se trouvent trois institutions (la Commission européenne, le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen) qui, ensemble, décident et font avancer le processus de construction européenne. Ces institutions ne sont néanmoins pas seules, d’autres organes de consultation, de financement et de contrôle y participent aussi.

I. La Commission européenne

A. Rôle
La Commission européenne représente et défend l’intérêt général. Dans ses domaines de compétences et en fonction des grandes orientations fixées par le Conseil européen, la Commission propose les futures directives européennes et les futurs règlements européens au Conseil de l’Union européenne et, en fonction de la procédure de prise de décisions, aussi au Parlement européen après avoir consulté de nombreux experts et représentants socioprofessionnels. 
La commission européenne est le moteur du système institutionnel européen. Dans le cadre de la politique extérieure et de sécurité commune et de la coopération policière et judiciaire en matière pénale, elle partage ce pouvoir d’initiative avec les Etats membres.

B. Composition
La Commission compte actuellement avec 27 Commissaires européens, un par Etat membre. 
Ils sont indépendants des Etats et chacun d’entre eux est chargé d’un domaine d’action spécifique (de l’agriculture, du marché intérieur, de la politique de communication, etc.) et d’une partie de l’administration européenne. Parmi les Commissaires, un est nommé Président de la Commission par les Etats membres. Son siège est à Bruxelles.

C. Fonctions
La Commission européenne veille à l’application et au respect du droit de l’UE primaire (Traités de l’UE) et du droit de l’UE dérivé (directives, règlements). 
Elle veille également à ce que les Etats membres, les institutions et les acteurs économiques exécutent leurs obligations. 
La Commission a un pouvoir d’exécution. Elle exécute, par délégation, les politiques et les actes adoptés par le Conseil. 
Elle gère le budget de l’UE et met en place les politiques communes. Ce sont des comités composés de représentants des Etats qui entourent l’action de la Commission quand elle exécute les actes du Conseil. 
La Commission européenne a un pouvoir d’information. Elle peut recueillir des informations sur un domaine et procéder à toute vérification auprès des Etats, institutions ou acteurs économiques. 
La Commission dispose aussi d’un pouvoir de contrainte à l’égard des entreprises. Celles-ci peuvent être obligées de fournir les éléments demandés par la Commission et de recevoir les agents qu’elle envoie. Si une entreprise refuse de se plier aux vérifications, la Commission a la possibilité d’infliger des amendes.

D. Le rôle de la France
L’un des 27 commissaires est français mais il ne représente pas la France, il doit défendre l’intérêt général de l’Union européenne. La Commission a, dans tous les Etats membres, des représentations qui informent les citoyens européens sur les politiques de l’Union. La Représentation de la Commission européenne en France est située au 288, boulevard Saint-Germain, à Paris.

II. Le Conseil de l’Union européenne

A. Rôle
Le Conseil de l’Union européenne, ou Conseil des ministres, est l’institution européenne qui défend et représente les intérêts des Etats membres. Il adopte ou rejette les futures directives européennes ou règlements européens. C’est le principal organe de prise de décision au niveau européen, même si, dans certains domaines, le Conseil partage, de plus en plus, cette responsabilité avec le Parlement européen dans un souci de renforcer le caractère démocratique du processus décisionnel. La présidence du Conseil est exercée pendant six mois par chaque Etat membre.

B. Composition
Le Conseil est composé de ministres issus des gouvernements nationaux de tous les Etats membres de l’UE. À chaque réunion siègent les ministres concernés par le sujet traité : affaires étrangères, agriculture, etc.

C. La prise de décision
En ce qui concerne la prise de décisions, la règle est celle de la majorité simple mais les dispositions contraires du traité sont tellement nombreuses qu’elle est devenue l’exception. En effet, le vote à la majorité simple est uniquement utilisé pour des questions de procédure (adoption du règlement intérieur du Conseil). 
L’unanimité est requise pour les domaines les plus sensibles dans lesquels les Etats ne veulent pas perdre leur souveraineté tels que la politique étrangère et de sécurité commune, la politique sociale, le domaine fiscal…
La majorité qualifiée est requise pour les autres domaines (transports, agriculture, santé…). Elle est d’ailleurs de plus en plus utilisée. Une décision prise à la majorité qualifiée doit recueillir 255 voix sur 345 et l’approbation d’une majorité d’Etats membres. De plus, si un Etat membre le demande, la majorité doit représenter au moins 62% de la population totale de l’Union.
Chaque Etat a un certain nombre de voix calculée notamment en fonction de l’importance de sa population.

D. Autres fonctions
Le Conseil de l’Union européenne assure la coordination des politiques économiques des Etats membres. Il est aussi le codétenteur du pouvoir budgétaire, il a le dernier mot pour les dépenses obligatoires qui représentent environ 45% des dépenses du budget.
Il est responsable de la coopération intergouvernementale en matière de politique étrangère et de sécurité commune et en matière de coopération policière et judiciaire.

E. Le rôle de la France
La France est représentée par son ministre compétent. Il dispose de 29 voix sur 345. Avec l’Allemagne et l’Italie, la France est le pays qui possède le plus grand nombre de voix au Conseil.

III. Le Parlement européen

A. Rôle
Le Parlement européen représente les intérêts des citoyens européens. Il est la voix des citoyens au niveau européen. Lors de la procédure de codécision, il vote les lois proposées par la Commission avec le Conseil européen. Dans ce cas, il est colégislateur, c'est-à-dire, qu’il a le même pouvoir de décision que le Conseil des ministres.

B. Composition
Les 785 membres du Parlement européen sont élus tous les cinq ans au suffrage universel direct par les citoyens de l’Union européenne. Ses membres ne siègent pas en groupes nationaux mais se répartissent entre sept groupes politiques de dimension européenne. Le Parlement a son siège à Strasbourg et à Bruxelles.

C. Fonctions
Le Parlement européen exerce le contrôle budgétaire car il doit approuver le budget annuel de l’Union, élaboré par la Commission et approuvé par le Conseil des ministres. Il a le dernier mot sur les dépenses non obligatoires qui représentent environ 55% des dépenses du budget. 
Il doit approuver la nomination des commissaires. 
Il a également le pouvoir de censurer la Commission. En effet, une motion de censure à l’encontre de la Commission peut être déposée par 1/10e des membres du Parlement. Une double majorité est nécessaire pour cela (majorité des 2/3 des suffrages exprimés et participation de la majorité des parlementaires au vote). 
Le Parlement a un pouvoir d’information vis-à-vis des autres institutions européennes. En ce sens, depuis 1973 la Commission lui présente son rapport annuel et quinquennal. La présidence du Conseil fait de même depuis 1983. De plus, le médiateur européen lui présente son rapport annuel ainsi qu’un rapport après chacune de ses enquêtes.

D. Le rôle de la France
Les français (et les citoyens européens résidents en France) élisent 78 députés européens qui siègent dans les différents groupes politiques du Parlement.

IV. Le Conseil européen

A. Rôle 
Le Conseil européen a pour rôle de définir les grandes orientations politiques de l’Union. 
En s’appuyant sur ces priorités, la Commission européenne élabore des propositions de lois mettant ainsi en marche le processus décisionnel. Même si le rôle du Conseil européen est très important dans le processus de prise de décisions européen, il ne fait pas partie des institutions européennes aux yeux des traités. 

B. Composition
Il s’agit de rassemblements informels des 27 chefs d’Etat ou de gouvernement, aussi appelés «sommets européens». Le président de la Commission y participe également, mais seulement en tant qu’observateur. Ils se réunissent en juin et en décembre et plus si nécessaire. Comme il s’agit d’un rassemblement intergouvernemental, les décisions sont prises à l’unanimité. Tous les chefs d’État ou de gouvernement doivent être d’accord avec la décision prise. Le Conseil européen est présidé par le chef d’Etat ou de gouvernement dont le pays assure la présidence semestrielle de l’Union européenne.

C. Fonctions
Le Conseil choisit les 27 commissaires (1 par pays membre) mais ne peut les démettre, et désigne tous les 5 ans le président de la Commission européenne. 
Le Conseil définit les orientations politiques, économiques et sociales. 
Il donne des impulsions au développement de l’Union et prend toutes les grandes décisions relatives à la réforme des traités ou encore à l’élargissement. Les décisions concernant le pilier communautaire doivent ensuite faire l’objet d’une proposition de la Commission et d’un vote du Parlement pour être approuvées. Le Conseil est compétent pour toute question relative au pilier communautaire, à la politique étrangère et de sécurité commune et à la coopération policière et judiciaire en matière pénale. Il peut aussi intervenir pour débloquer une situation de crise.

D. Le rôle de la France
Normalement, c’est le Président de la République qui participe en tant que chef d’Etat aux réunions du Conseil européen. Il peut être représenté par le premier ministre, le ministre des affaires étrangères et le ministre délégué aux affaires européennes. Au sein du Conseil, le représentant de la France défend les intérêts nationaux.

V. La Cour de Justice de l’Union européenne  

A. Rôle de la Cour de Justice de l’Union européenne  
La Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) est composée de 27 juges nommés d’un commun accord par les Etats membres pour un mandat de 6 ans renouvelable. Elle siège à Luxembourg. Les juges sont assistés de 8 avocats généraux qui présentent leurs conclusions en toute impartialité.

B. Compétence de la Cour de Justice de l’Union européenne  
Elle est compétente pour statuer des litiges entre Etats membres et institutions, entre Etats membres et entre institutions. Elle veille à la bonne application et interprétation du droit de l’UE primaire (Traités de l’UE) et du droit de l’UE dérivé (directives, règlements). 
Seuls les Etats membres et les institutions de l’UE peuvent introduire un recours devant la CJUE. Les recours introduits par un particulier ou une entreprise sont du ressort du Tribunal de première instance. Ce dernier est composé de 27 juges et il a été adjoint à la Cour en 1989.

C. Le Tribunal de Première Instance
La Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE), saisie de recours de plus en plus nombreux, avait souhaité se voir décharger de certains contentieux. L’Acte Unique Européen a permis la création d’une juridiction de première instance pour parvenir à ces fins. Le Tribunal de Première Instance a été créé par une décision du Conseil de l’Union Européenne du 24 octobre 1988. Il n’est cependant entré en fonction qu’à partir du 1er septembre 1989. Son existence a été confortée par le Traité de Maastricht, qui a élargi les possibilités de transfert de catégories de recours au Tribunal de Première Instance.
Le Tribunal de première instance, tout comme la CJUE, a pour mission de veiller à la bonne application et interprétation du droit de l’UE primaire (Traités de l’UE) et du droit de l’UE dérivé (directives, règlements). Pour mener à bien sa tâche principale, le Tribunal est compétent pour connaître en première instance de tous les recours directs formés par les particuliers et les Etats membres, à l’exception de ceux qui seront attribués à une « chambre juridictionnelle » et de ceux réservés à la CJUE. 

D. Le Tribunal de la fonction publique de l’Union européenne
Etabli par une décision du 2 novembre 2004 du Conseil de l'Union européenne et institué officiellement le 2 décembre 2005, le Tribunal de la fonction publique de l’Union européenne est une chambre juridictionnelle adjointe au Tribunal de Première Instance de l'Union européenne. Il trouve son origine dans le traité de Nice, signé en 2001, qui prévoit la création de chambres juridictionnelles afin de désengorger le Tribunal de Première Instance et la Cour de Justice. 
Sa mission est de traiter du contentieux pouvant opposer les institutions communautaires et leurs agents, celui-ci relevant auparavant du Tribunal de Première Instance. Elle entend contribuer à réduire la durée des procédures et à améliorer le traitement des affaires non seulement pour les affaires concernant la fonction publique européenne mais aussi pour l'ensemble du contentieux dont a à connaître le tribunal de première instance. Il a rendu son premier arrêt le 26 avril 2006.

VI. La Cour des Comptes européenne

La Cour des Comptes européenne siège à Luxembourg et est composée de 27 membres nommés pour 6 ans renouvelables par décision unanime du Conseil de l’Union européenne et après avis du Parlement. 
La Cour vérifie la légalité des recettes et dépenses de l’Union et s’assure de la bonne gestion financière du budget européen. 
Elle contrôle aussi la bonne gestion des subventions accordées par la Communauté européenne à des associations ou à des entreprises. Les autres institutions peuvent lui demander des avis. 
Ces avis doivent être obligatoirement sollicités pour des dispositions législatives à caractère financier. Elle établit enfin un rapport annuel publié au journal officiel des Communautés européennes.

VII. Le Médiateur européen

La fonction de médiateur européen (ombudsman) a été instituée par le traité de Maastricht de 1992. Il est nommé par le Parlement européen pour une durée de 5 ans renouvelables après chaque élection européenne. Il agit en toute indépendance. Son siège se trouve au Parlement européen à Strasbourg. Le médiateur reçoit les plaintes des particuliers relatives à une mauvaise administration de la part des institutions ou des organes communautaires. Il procède à une enquête et adresse la plainte à l’institution ou l’organe concerné. Toutes les plaintes ne font cependant pas l’objet d’une enquête. Le médiateur s’efforce de trouver une solution amiable au litige qui oppose les citoyens aux institutions et organes communautaires. Il formule ses recommandations et ses critiques dans un rapport annuel destiné au Parlement européen.

VIII. Le Comité des régions

Le Comité des régions est composé de 344 membres représentant les collectivités régionales et locales des Etats membres. Ses membres sont nommés par le Conseil de l’Union européenne sur proposition des gouvernements pour 4 ans renouvelables. C’est un organe purement consultatif représentant les pouvoirs régionaux et locaux au sein de l’Union européenne. Il est obligatoirement consulté par le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur les questions portant sur des intérêts régionaux.

IX. Le Comité économique et social européen

Le Comité économique et social européen (CESE) est composé de 344 membres représentant des organisations économiques, sociales et civiques de chaque Etat membre de l’Union nommés pour 4 ans renouvelables.
Le comité siège à Bruxelles.
Il a trois fonctions essentielles :
- assurer un rôle consultatif auprès de la Commission, du Parlement et du Conseil, 
- permettre une plus grande participation des représentants de la société civile au niveau européen,
- renforcer le rôle de la société civile organisée dans les Etats tiers par la promotion d’un dialogue avec leurs représentants.
Par son rôle d’information et d’intégration, le CESE vise à améliorer les rapports entre les citoyens européens et les institutions européennes. Par ailleurs, il joue le rôle d’observatoire du marché intérieur et propose des solutions pour favoriser son bon fonctionnement.

Texte du CIDEM.
Photo CC0 Public Domain. 

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