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L’opéra-orchestre de Montpellier :

Publié le par Mariana-Hélène Firdion

L’association de l’opéra-orchestre de Montpellier (OONM), qui dépend à 90 % de subventions des collectivités publiques, ne remplit pas son objet social, qui est de promouvoir l’opéra et l’orchestre de Montpellier. La chambre régionale des comptes (CRC) de Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées relève que l’OONM a appauvri sa programmation pour faire face au versement de coûteuses indemnités de départ à ses dirigeants et que son effectif est surdimensionné par rapport à son activité.
En outre, sa vie associative manque de formalisme, ses statuts sont en inadéquation avec son fonctionnement et la convention avec l’Etat n’a toujours pas été signée. Le conseil d’administration, qui se confond avec l’assemblée générale, a adopté récemment un plan de redressement pour 2016-2018. La CRC a renoncé à formuler des observations dans l’attente d’une sérieuse remise en ordre de la gestion administrative de l’association.

L’association Opéra et orchestre national de Montpellier (OONM) est née en 2002 de la fusion de l’association Orchestre national de Montpellier et de l’association de gestion des opéras de Montpellier. Le budget de l’association s’élève à 22,76 M€ au 31 décembre 2014, en repli de 10,9 % par rapport à 2009. Il repose à 90 % sur des subventions publiques, ses recettes propres étant extrêmement faibles.
Entre 2009 et 2014, les subventions ont baissé de près de 10 % en raison essentiellement de la réduction de 5 M€ de la subvention du conseil régional à partir de 2013. Avec une subvention de 13,2 M€ en 2014, la communauté d’agglomération de Montpellier est le principal financeur de l’OONM. Dans son précédent rapport, la chambre avait formulé des recommandations visant à l’amélioration du fonctionnement institutionnel de l’association et à la mise en cohérence des statuts. Ces recommandations n’ont pas été suivies d’effet : la vie associative continue de manquer de formalisme, les statuts sont en inadéquation avec le fonctionnement réel de l’association, les délégations ne sont pas formalisées et le conseil d’administration reste trop souvent une chambre d’enregistrement.
Ainsi, les modalités de recrutement, de licenciement ou de mise à la retraite, pourtant particulièrement coûteuses des cadres dirigeants, n’ont pas fait l’objet d’une information précise et préalable du conseil d’administration. Or, entre 2009 et 2014, les départs à la retraite et les licenciements ont représenté un coût total chargé de 1,7 M€. Devant un tel manque de formalisme du fonctionnement administratif de l’association, la chambre a renoncé à formuler des recommandations dans l’attente d’une remise en ordre de sa gestion administrative. L’association OONM a appauvri sa programmation pour faire face aux versements de ces indemnités très importantes et à la baisse des subventions. Celles-ci servent aujourd’hui principalement à financer les dépenses de personnel ainsi que le loyer des salles de spectacle dont la faiblesse du taux de remplissage est pourtant inquiétante, le taux moyen de fréquentation des représentations ne dépassant pas 73 % en 2014. L’OONM ne remplit plus véritablement son objet social qui est de promouvoir l’opéra et l’orchestre de Montpellier, notamment par la création et la production de toutes activités lyriques, chorégraphiques, symphoniques.
L’effectif de l’association est surdimensionné par rapport à son activité. Le sous-emploi des musiciens l’illustre, les heures effectuées sur la dernière saison dépassant à peine 50 % du temps de travail, ce qui leur laisse une grande latitude pour réaliser des prestations extérieures rémunérées. Un plan de réduction des effectifs a été décidé qui est en partie financé par le processus d’activité partielle accordé par la DIRECCTE du 1er mars au 31 juillet 2015 et qui a été reconduit jusqu’en décembre 2015. Ce financement par la DIRECCTE de l’activité partielle constitue une aide significative de l’État. Un plan de redressement sur 2016-2018 avec des projections ambitieuses a été approuvé par le conseil d’administration. Il repose sur le postulat d’une reconduction des subventions des collectivités publiques et sur un plan de départs volontaires d’agents sur trois ans. L’objectif d’un budget artistique proche de celui de 2009 (6,5 M€) ne devrait pas être atteint avant 2018. Le fonctionnement de l’association non conforme à ses statuts a conduit la chambre à ne pas formuler, exceptionnellement, de recommandations.

Texte de la Cour des comptes.
Photo CC0 Public Domain. 

L’opéra-orchestre de Montpellier :
L’opéra-orchestre de Montpellier :